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Mercredi 30 avril 2008
Soleil oblige, après plus de 2 mois d’abstinence, nous repartons dans les Alpes, profiter des restes (encore conséquents) de neige. Tourisme sur les bords du lac d’Annecy et ascension en raquettes du Parmelan occuperont les 48h de ce premier week-end «de saison».

Samedi 26 avril : Ce n’est pas notre première visite à Annecy, mais, comme chaque fois, le charme de cette cité de 50’000 habitants, préfecture de la Haute-Savoie, opère.

Le centre ancien est un entrelacs de ruelles et traboules médiévales, dominé par un superbe château fortifié, symbole, tour à tour, de la puissance des Comtes de Genève puis de celle des Genevois-Nemours.

En effet, dès le XIVème siècle la ville devint la capitale du Genevois, les Comtes de Genève s’opposant ainsi au pouvoir temporel des évêques sur la cité éponyme. Rattachée par la suite à la Savoie, Annecy est alors donnée en apanage aux Genevois-Nemours (branche cadette de la maison de Savoie) et conservera une certaine autonomie, ainsi que la mainmise sur les territoires savoisiens du Genevois, du Faucigny et du Beaufortain jusqu’en 1659.

Les nombreuses églises nous rappellent qu’après le triomphe de la réforme calviniste à Genève (1536), la ville est devenue le nouvel évêché et a abrité les ordres catholiques en fuite. Cette situation lui vaudra le surnom de «Rome des Alpes», avant celui, plus connu aujourd’hui, de «Venise des Alpes», qu’évoquent ses canaux et son lac.

Nous flânons dans les rues bondées en ce Samedi de brocante, nous attablant au soleil sur les bord du Thiou avant d’aller visiter le château-musée : en plus d’une exposition permanente sur l’art populaire alpin, 2 expositions temporaires sont à l’affiche. Si la première, «Aux origines de la photographie de montagne», paraissait prometteuse, la petite salle présentant une trentaine de clichés m’a un peu laissé sur ma faim.

En revanche, Estelle et moi avons adoré la seconde, qui n’a pourtant rien à voir avec la montagne. Œuvre de l’artiste catalan Joan Fontcuberta, ce dernier nous présente les travaux et découvertes scientifiques du mystérieux Dr Peter Ameisenhaufen : «Des monstres et des prodiges», un bestiaire saugrenu qui nous rappelle comme parfois les apparences sont trompeuses.

De l’autre côté de la cour, la tour et le logis Perrière abritent l’Observatoire Régional des Lacs Alpins. 700m² nous permettent d’en savoir un peu plus sur les grands lacs savoyards. On y apprend ainsi que le lac d’Annecy est le deuxième lac de France après celui du Bourget (exception faite de la partie française du lac Léman). Formé lors de la fonte des grands glaciers alpins (il y a 18000 ans), il est alimenté par plusieurs petites rivières, nées dans les montagnes environnantes des Bornes à l’Est et des Bauges à l’Ouest, mais aussi par une puissante source sous-lacustre, le Boubioz, qui jaillit à 82 m de profondeur. Le lac se déverse enfin à Annecy dans le Thiou et le canal du Vassé, qui se rejoignent et alimentent le Fier, affluent du Rhône.

Après cette page culturelle et géographique, nous consacrons la fin de cette chaude après-midi à une rafraîchissante balade sur le lac à bord de «la Belle Etoile», successeur moderne des vapeurs à aubes du début du siècle. Nous longeons paisiblement les rives où se succèdent villas, hôtels et châteaux (Menthon, Duingt) sur fond de cimes enneigées, alors que la journée touche à sa fin.








Dimanche 27 avril : J’ai négocié l’heure du départ avec Estelle, pour que nous ne  commencions pas trop tard notre randonnée.

Nous quittons donc Annecy un peu avant 8h, en direction du massif préalpin des Bornes et du village d’Aviernoz, et garons la voiture sur la route du chalet de l’Anglettaz (prononcer l’Anglette), encore fermée à la circulation.

La montée en sous-bois est assez raide mais agréable. Alors que nous progressons en silence, 2 chevreuils surgissent soudain et cavalent dans notre direction, fuyant certainement d’autres randonneurs plus haut. Nous apercevant au dernier moment, ils nous éviteront de peu ! Brève mais belle rencontre…

Vers 1500 m, les premières traces de neige font leur apparition, tandis que nous débouchons sur l’alpage de l’Anglettaz. Si les Crocus fleurissent en versant Sud, le versant Nord est encore bien blanc et il est temps de chausser les raquettes.

Nous poursuivons notre route jusqu’au crêt des Outalays avant de basculer sur le plateau du Parmelan, vaste étendue karstique dominée par la Tête du Parmelan et sa face Nord abrupte.

Couvert de lapiaz et de gouffres, assez vallonné, parsemé de pins à crochets, il est encore totalement enneigé, et sa traversée peut s’avérer délicate. Nous suivrons donc les recommandations du topoguide, qui, pour une fois, nous invite à marcher dans les traces de nos prédécesseurs, pour éviter de se perdre ou de chuter dans un aven partiellement caché par la neige. Nous croisons d’ailleurs plusieurs de ces gouffres, et certaines entrées sont même équipées de rappels.

250m plus haut, le panorama se dévoile enfin alors que nous atteignons le sommet, son refuge et sa croix. Nous profitons d’une vue très étendue malgré un léger voile, annonciateur d’un changement de temps. Le regard porte du Jallouvre à la Pointe Percée, et de la Tournette au massif des Bauges, avec, comme toujours le Mont Blanc pour décor de fond.

Nous nous régalons de ce paysage et d’un bon reblochon fermier avec une tranche de jambon cru fumé achetés la veille. Nous ne sommes pas dans les Bornes pour rien !

Nous repartons vers 12h30 et la descente est déjà moins agréable. Le soleil de cette fin Avril cogne fort et rend la neige très molle et humide. Nous croisons beaucoup de randonneurs qui montent bien tard à mon goût, et pour la plupart sans raquettes (et même en short). A leur pénible avancée dans cette neige s’ajoute le risque, si vite arrivé, d’un mauvais pas : c’est dans de telles conditions que je me suis foulé le genou il y a 3 ans, alors je sais de quoi je parle !


2h plus tard, nous sommes de retour à la voiture, puis une paire d’heures supplémentaires et nous voilà à Mâcon, où pour finir ce week-end ensoleillé en beauté nous passons la fin de l’après-midi au potager.

Lundi 28 avril : il pleut…


 
  Le Parmelan (1832m)

Type : ASR-mixte
Localisation : Haute-Savoie (carte de situation)
Point de départ : Route de l'Anglettaz (Aviernoz)

Itinéraire
:
Route de l'Anglettaz - crêt des Outalays - Parmelan - retour identique
Distance : 11 km
Dénivelé positif : 875 m
Carte : IGN TOP25 3430OT
«Mont Salève - St Julien en Genevois -  Annemasse»
Topo : D'après Pierre Millon, «30 balades à raquettes entre Bornes et Aravis», éd. Didier Richard, p. 19

Sortie n°199 réalisée le 27/04/08 avec Estelle
 

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