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Journal de Bord d'un marcheur... Compte-rendus de randonnées et informations sur la montagne, la randonnée et les Alpes

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Approche douce du Grand Colombier

Pour faire suite à la semaine du Développement Durable, je choisi d'organiser une sortie solitaire en utilisant un mode de transport alternatif, m'inscrivant par la même occasion dans une démarche de mobilité douce (voir le concours «changer d'approche» de Mountain Wilderness).
Nous ne sommes pas en Suisse, et ne disposons malheureusement pas de leur réseau de cars postaux... Trouver un itinéraire de montagne à réaliser à la journée, en partant de Mâcon et un utilisant uniquement les transports en commun n'est finalement pas chose aisée ! Je finis par dégoter un TER à destination de Culoz qui me mène au pied du Grand Colombier, sommet principal du massif jurassien du Bugey, dominant de ses 1531m l'avant-pays savoyard et le lac du Bourget (j'ai classé cette sortie dans la catégorie Alpes, ce qui est discutable, mais vu la proximité de la Savoie, c'est tout comme...).


Le train sillonne la plaine bressane dans l'aube naissante. Quelques véhicules, phares allumés, traduisent l'activité fébrile de cette heure matinale. Tandis que la ligne des monts du Jura se rapproche, j'ai tout loisir pour réfléchir à la principale difficulté de cette randonnée : son timing. Entre le premier et le dernier train, j'ai exactement 9h... Or, mon projet est assez ambitieux : une boucle de 24km et 1500m de dénivelé. Il ne faudra pas traîner...

Changement de train et changement de décor à Ambérieux-en-Bugey. La voie circule maintenant entre les falaises calcaires de l'étroite vallée de l'Albarine. A la sortie du défilé, le Grand Colombier apparaît, masse imposante contrastant avec la plaine du Rhône qui serpente à ses pieds.

Sorti de la gare, je rejoins le cœur de Culoz, dominé par son château, et m'engage sur le GR. Les eaux tumultueuses du Jourdan qui traversent le village de part en part m'accompagnent un temps. La chaleur, déjà bien présente, fait ressortir les parfums du buis, dans lequel le sentier est littéralement taillé. D'interminables lacets me mènent sur un premier replat d'où je domine le village, la Réserve Naturelle des Marais de Lavours, et le Rhône. Plus loin, malgré un ciel laiteux et une visibilité réduite, le lac du Bourget se dévoile, encadré par la montagne.

Une nouvelle série de lacets m'entraînent en direction du plateau sommital. Je croise le chemin de plusieurs écureuils qui s'élancent de branches en branches et d'arbres en arbres en poussant des cris de kamikazes, tandis que les premiers sapins me signalent que j'ai pris de l'altitude. Et la route n'est malheureusement pas loin, le paysage s'en ressent : sur-balisage (GR/PR, équitation, VTT...) et habitations, qui, pour certaines, ressemblent plus à des résidences secondaires qu'à des petits chalets de montagne.

 Je débouche enfin sur les alpages du Grand Colombier. Les Crocus sont déjà flétris, laissant place à des parterres de Jonquilles dorées. Malgré les indications fournies sur le site de Bison-Futé, la route du col est ouverte. Je la longe un moment avant de poursuivre par le sentier des crêtes. Si les points de vues sur le Bugey et les environs sont superbes (malgré le temps voilé), la crête est malheureusement défigurée par une radiobalise VOR et une ligne Haute-Tension...

A 1531m, j'atteints le point le plus haut et m'arrête sans prolonger jusqu'à la Croix et le sommet officiel (6m plus bas) : en effet, la route passant à ses pieds, il est le lieu de rendez-vous des premières foules des beaux jours. Une bonne dizaine de personnes y sont réunies.

Après un quart d'heure de pause bien mérité, je bascule sur les alpages du versant occidental. Quelques ruines de bergeries et me voilà dans les bois. Je plonge alors dans «la Combe», vallon que le sentier parcours par le fond en ligne droite : La pente est particulièrement raide et je dévale 600m en moins de 45 minutes au prix de glissades pas toujours bien contrôlées. L'ambiance est étrange et dépaysante : le sentier pierreux est étroit, l'air étouffant et le fond du vallon est couvert de mousse et d'inflorescences blanches de Cardamine heptaphylla. Quel contraste avec les alpages au dessus ! Au débouché du vallon, je tombe alors nez à nez avec une superbe arche naturelle : la Roche Percée, qui conclue en beauté cette boucle.


Arrivé au village de Béon, j'emprunte à nouveau le GR qui me fait encore grimper de 130m pour redescendre sur Culoz où j'arrive à 16h30, avec plus d'une heure d'avance sur mon horaire. J'aurai mon train !

 
  Le Grand Colombier (1531m)

Type : BS
Localisation : Ain (carte de situation)
Point de départ : Culoz
Itinéraire : Culoz (GR9) - Romagneux - point de vue de Fenestre - Grand Colombier - en Pryse - Planapose - la Combe - Béon (GR9A) - Culoz
Distance : 24 km
Dénivelé positif : 1500 m
Carte : IGN TOP25 3331OT «Rumilly – Seyssel – Le Grand Colombier»
Topo : D’après mes propres investigations


Sortie n°173 réalisée le 13/04/07 en solo
 

Transport : TER quotidien du lundi au vendredi (attention, le week-end, cette ligne existe mais passe par Lyon, ce qui rallonge temps et coût du trajet).
  •  
  • Mâcon (6h49)-Ambérieux (7h51/8h04)-Culoz (8h40)
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  • Culoz (17h56)-Ambérieux (18h35/19h15)-Mâcon (20h25)
Coût total : 33,40€ (plein tarif)



Réflexions sur la notion de mobilité douce

Trois avantages indéniables :
  •  
  • Moins de pollution pour l'environnement,
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  • Moins de fatigue pour le trajet,
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  • Et une démarche intéressante : En effet, les transports en commun ne permettent pas des accès aussi faciles qu'avec une voiture. Cela favorise donc la recherche d'itinéraire, la marche d'approche et des dénivelés plus importants (accès souvent plus bas). Si certains peuvent considérer ce critère comme négatif, j'y vois au contraire une démarche qui redonne à la montagne et à la randonnée ses lettres de noblesses...

En revanche :
  •  
  • Les moyens disponibles (trains ou bus) sont encore souvent insuffisants en terme d'horaires et de dessertes.
  •  
  • Et le coût est parfois peu attractif. A titre d'exemple, cette sortie m'a coûté un peu plus de 30€, coût identique au trajet en voiture (256 km - 7L/100km - 1,3€/L - 10€ de péage, soit 33€). Si nous avions été deux, le coût-voiture aurait été divisé par 2 et le train serait devenu peu rentable !
  •  
  • Mais les choses changent : pour l'exemple, je citerai l'initiative du Conseil Général des Alpes-Maritimes qui propose n'importe quel trajet en bus dans le département à 1,30€ !

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