Lundi 25 juin : Temps gris... Nous flânons toute la matinée à Santa Maria Maggiore, puis décidons d'aller découvrir la vallée du Toce.
Nous déjeunons au village de Baceno, qui garde l'entrée du Val Devero (autre accès au Parc naturel Alpe Veglia e Devero). A ses pieds, nous découvrons les «orridi d'Uriezzo», anciens canyons d'origine glaciaire, qui me rappellent les vallons obscurs de la basse vallée du Var, derrière Nice.
Nous remontons ensuite la vallée, de plus en plus encaissée. Sur ses flancs granitiques sont accrochées d'impressionnantes grues dominant d'imposantes carrières à ciel ouvert. Ce que nous prenons d'abord pour le tonnerre est en fait le bruit des explosions... De gros camions chargés de pierres sillonnent le fond de la vallée, ponctué de centrales hydroélectriques et parcouru par des lignes haute tension.
Quelques lacets étroits nous donnent enfin accès à la haute vallée du Toce : le Val Formazza [it]. Des villages walsers sans charme occupent les lieux jusqu'à la large cascade du Toce. La route se termine au hameau de Riale, au milieu des alpages, tandis que le temps tourne à la pluie. Nous rentrons sous des trombes d'eau qui ne cesseront qu'à notre arrivée au camping.

Mardi 26 juin : Le vent a soufflé toute la nuit et notre tente à été bombardée par la chute de nombreuses pommes de pins, mais le soleil est de retour ! Nous décidons de profiter de cette magnifique journée qui s'annonce pour jouer les touristes en prenant le billet combiné train+bateau du «Lago Maggiore Express [it]».
Nous embarquons à bord du train qui parcourt le pittoresque Val Vigezzo jusqu'à Domodossola. Après avoir arpenté les quelques rues du joli centre historique de cette ville, nous prenons l'Interrégionale pour Milan et descendons à Arona, au bord du lac Majeur, où nous embarquons pour une superbe croisière jusqu'à Locarno en Suisse. Devant nos yeux défile la côte piémontaise et ses adorables villages.
A Locarno, un funiculaire nous conduit au magnifique sanctuaire de la Madone del Sasso, au milieu d'une végétation luxuriante.

Enfin, nous reprenons la ligne Locarno-Domodossola, mais cette fois-ci à bord d'un train panoramique nous permettant d'admirer les gorges sauvages et les villages du Centovalli et du Val Vigezzo.
De retour à Santa Maria Maggiore, nous nous informons des prévisions météo à l'office du tourisme: le beau temps devrait se maintenir jusqu'à la fin de la semaine. J'en profite pour acheter une carte du secteur et préparer la randonnée de demain. J'ai opté pour le Pizzo Ragno: c'est un des plus hauts sommets du Val Grande et il est accessible depuis le village. Le gros dénivelé (plus de 1400m) décourage Estelle, je partirai donc seul. Sur la carte un sentier est indiqué en crête et m'évitera de redescendre sur le versant sud pour remonter ensuite par la voie normale.
Toujours d'après la carte, le sentier démarre à l'Ouest du camping. Je passe une heure en vain à le chercher. Rien ne correspond, et finalement, je découvre le panneau indicateur un peu par hasard à l'Est du camping : mauvais présage...

Mercredi 27 juin : Je me lève à 5h00. Dans l'aube naissante, j'entame la cinquantaine de lacets qui doivent me mener sur la crête orientale du Pizzo Ragno. Ancien chemin muletier, le sentier est en partie pavé, permettant aux vaches de parcourir en toute sécurité ce versant raide de la «costa di Fracchia». Il est agrémenté de panneaux informatifs sur la faune, la flore et la culture locale.
Peu à peu la hétraie-sapinière laisse place à un mélezin tandis que je bascule sur le versant méridional et atteins la chapelle du Larecchio. Le sentier se poursuit ensuite vers les alpages dominant le Val di Basso. Comme prévu, je choisi alors de suivre la crête plein Ouest, mais le sentier indiqué sur la carte n'apparaît nulle part. Je monte donc à vue.
Rapidement, les pentes herbeuses se font plus soutenues et toujours aucune trace du sentier. Je tombe finalement sur quelques sentes qui sont plus le fait du passage d'animaux que d'humains. Je fais d'ailleurs fuir successivement 3 chamois, puis un chevreuil. Le sommet est maintenant proche, mais une série de barres rocheuses bloquent son accès et
semblent infranchissables. Je continue cependant jusqu'à leurs pieds. Mais toujours rien, aucune marque, aucun cairn... A ma droite (versant Nord), des apics rocheux, et à ma gauche (versant Sud), de raides pentes herbeuses et glissantes. Je finis par trouver une vague vire côté Nord qui me conduit à une cheminée rocheuse aisée mais exposée. Je m'y engage... et ressort sur la crête: soulagement... Etait-ce donc la clé d'accès au sommet ? Eh bien non ! Voilà d'autres barres rocheuses. Je tente le tout pour le tout et grimpe ces quelques passages délicats. Le stress monte à chacun de mes pas, car plus je progresse, plus la désescalade de cette voie me semble inenvisageable : je suis maintenant obligé d'atteindre le sommet pour redescendre par la voie normale. Enfin, je finis par rejoindre le sentier venant du Nord (accès depuis Orcesco). Encore quelques lacets et j'arrive à la croix sommitale.
La tension de cette ascension et ses 1400m de dénivelé m'ont lessivé ! Mais le panorama en vaut la peine : je suis entouré d'une multitude de sommets qui me sont presque tous inconnus. De l'Ouest au Nord, le Mont Rose et les Alpes Lépontines dominent la vallée d'Ossola. Plus à l'Est, ce sont les Alpes du Tessin, et au Sud, c'est tout le Val Grande qui s'offre à moi. Par quelques trouées j'aperçois même le lac Majeur et le lac d'Orta.

Le secteur est très sauvage et je ne croise personne. Le sentier du retour (la voie normale) est d'ailleurs peu marqué et je le perds souvent. Il descend sur de petits lacs au pied du Pizzo Nona avant de rejoindre le bivouac Vigezzo (CAI) et les alpages encore en activité du Val di Basso. Quelques vaches et un troupeaux de chèvres seront mes seules rencontres avant de retomber sur le chemin muletier qui remonte à la chapelle du Larecchio, puis plonge sur Santa Maria Maggiore. Je descends alors les 700m restants, en trottant (et en moins de 35 minutes), et arrive pour 12h30 au camping, où Estelle a replié la tente, payé les 3 nuits et m'attend à la terrasse du bar pour déjeuner.
Nous partons ensuite en direction du Val Cannobina qui, par une route étroite, longe la Cannobia et ses gorges jusqu'au superbe village de Cannobio, sur les rives du lac Majeur. Ce sera notre site coup de coeur des vacances.
Nous nous installons dans un grand camping où les allemands sont majoritaires (tout est d'ailleurs traduit dans leur langue). L'ambiance y est très calme et familiale. Baignade et dîner sur les bords du lac occupent notre soirée.

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| | Le Pizzo Ragno (2289m) Type : BS Localisation : Prov. de Verbano-Cusio-Ossola (carte de situation) Point de départ : Camping La Pineta (Santa Maria Maggiore) Itinéraire : camping - chalets de Cima - chapelle du Larecchio - crête du Pizzo Ragno (costa scarone) - Pizzo Ragno - chalets Al Geccio - chalets Al Cedo - bivouac Vigezzo - chalets Al Salde - chapelle du Larecchio - chalets de Cima - camping Distance : 16 km Dénivelé positif : 1560 m Carte : Cartine Zanetti (1/30'000ème) «Parco Nazionale Val Grande» ou préférer la carte suisse CN 285 «Domodossola» au 1/50'000ème Topo : Malheureusement d'après la carte... Sortie n°180 réalisée le 27/06/07 en solo | |
Jeudi 28 juin : Grasse matinée. Nous flânons dans les ruelles de Cannobio, entre les étals colorés du marché et la promenade le long des bords du lac.

Puis, peu avant midi, nous reprenons notre périple. Nous longeons le lac vers le Sud: la côte est très belle. Peu après Verbania, nous bifurquons en direction du lac d'Orta. Si ce lac est assez joli, ses abords et la vallée industrieuse qui y mène ne présentent pas un grand intérêt. Seul la très touristique presqu'île d'Orta San Giulia et son île valent le détour.

Le tour du lac bouclé, nous revenons sur nos pas et posons notre tente pour 2 dernières nuits au petit «camping de fées» à Mergozzo, au bord du lac homonyme, ancienne extension du lac Majeur, séparé de ce dernier par les alluvions du Toce.
Des oies blanches occupent les berges. Le soir venu, elles ne se font pas prier pour venir piquer dans nos réserves de nourriture quand nous avons le dos tourné. Mais je veille !

Vendredi 29 juin : Cette dernière journée sera consacrée à la visite des îles Borromées [it], haut-lieu du tourisme italien.
Dès notre arrivée, pourtant matinale, nous sommes alpagués par les compagnies de transport qui desservent les îles. ¼ d'heure plus tard, Estelle et moi embarquons sur un vaporetto qui nous conduit sur l'Isola Madre.
Seuls à bord et premiers visiteurs de l'île, nous profitons de ce luxe et du calme des jardins botaniques avant l'arrivée des premières foules. La végétation est exubérante: Magniolas, Hortensias, Palmiers, Bambous, Rhododendrons géants couvrent ce petit territoire au milieu duquel flânent de magnifiques paons. Dans le palais du XVIIIème, on peut admirer une belle collection de décors et marionnettes de théatre.
A 11h, nous reprenons le bateau pour l'Isola Pescatori, qui se compose d'un minuscule village malheureusement envahi par les restaurants et boutiques de souvenirs. Nous déjeunons d'un sandwich et à 13h, débarquons sur l'Isola Bella.
Cette dernière abrite le grandiose et excentrique «Palazzo Borromeo» baroque, dont les plans d'origine prévoyaient de donner à l'île entière l'aspect d'un vaisseau gigantesque, la partie arrière simulant la poupe avec ses 10 terrasses en escaliers. Quand on pense que la devise des Borromées est «Humilitas» !

Nous sommes de retour à Stresa dans l'après-midi. Cette station balnéaire où s'alignent les palaces ne présente pas beaucoup d'intérêt à nos yeux, et rapidement, nous rentrons pour notre dernière soirée à Mergozzo.

Epilogue : La soirée se déroule merveilleusement bien jusqu'à l'arrivée d'un groupe de campeurs italiens. Ils s'installent à côté de notre tente, dînent et discutent bruyamment jusqu'à 2h du matin ! (Heureusement Estelle avait prévu les boules Quies...).
Nous avons passé de formidables vacances, mais finalement, nous ne sommes pas mécontents de rentrer à l'heure où débarquent les premiers juilletistes...
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