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Journal de Bord d'un marcheur... Compte-rendus de randonnées et informations sur la montagne, la randonnée et les Alpes

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En pays Diois

L’idée d’aller découvrir le Diois me trotte dans la tête depuis un moment, mais faute de temps pour préparer cette excursion, nous partons un peu à l’improviste en ce très long week-end de Pentecôte.

Le Diois correspond au bassin versant de la Drôme. Il s’appuie au Nord sur les contreforts du Vercors, et se prolonge au Sud par les Baronnies (Mont Ventoux et Montagne de Lure). Massif sédimentaire subalpin, il est moins élevé et plus tourmenté que ses voisins du Nord et correspond à la partie la plus occidentale des Alpes.

Vendredi 09 mai : Nous quittons la vallée du Rhône à hauteur de Valence pour Crest et la basse vallée de la Drôme. Le paysage est marqué par l’imposant massif des Trois Becs, but de notre excursion du jour.

Nous longeons la rivière jusqu’au village de Saillans puis montons vers le col de la Chaudière, point de départ de notre randonnée.

Un arrêté municipal interdit l’accès au sentier, conséquence de 3 chutes mortelles ces 4 dernières années. Ce n’est pas très rassurant ! Cependant mes investigations m’ont permis d’évaluer au mieux les risques réels. Et finalement, le passage «délicat» se résume à quelques mètres exposés sur un sentier étroit et humide, mais cela passe très bien si l’on est attentif et prudent.

Nous montons donc à la fraîche au milieu des genêts, genévriers et chênes pubescents parés de leurs premières feuilles encore toutes vertes et tendres. L’ambiance est bien méridionale dans cette Drôme aux accents déjà provençaux.

Nous débouchons au Pas de Siara, sur des pelouses sèches parsemées d’Orchidées. Il nous faut encore remonter 300 mètres pour atteindre le sommet du Veyou (1589m), point culminant des Trois Becs, où notre arrivée fait fuir une marmotte prenant son bain de soleil matinal.


Le sentier se poursuit en crête le long d’impressionnantes falaises calcaires. Une première descente et remontée d’une centaine de mètres nous amène au second sommet, le Signal (1559m). La vue s’étend à l’Est sur le vaste synclinal portant la forêt de Saoû, et formant un navire dont les Trois Becs seraient la poupe et nous les fiers capitaines.

Encore une descente au pied des dentelles de calcaire blanc lité du Turonien et nous voilà cette fois sur un large sentier bien entretenu, qui nous conduit au 3ème et dernier sommet (Roche Courbe, 1395m). Au dessus de nos têtes, des hirondelles des rochers remontant la falaises nous survolent en rase-motte.

Le temps chaud et voilé réduit nettement la visibilité : Si l’on aperçoit le Grand Veymont et les plateaux du Vercors, on devine plus qu’on ne voit les sommets toujours enneigés du Dévoluy.

Nous descendons ensuite sur le sentier maintenant trop aménagé (bétonné par endroit) vers le col des Auberts et le trou de la Laveuse. Cette écaille rocheuse percée en son centre offre une vue pittoresque sur le village de Saillans.

Le chemin du retour traverse la forêt de Saou. Abrités du soleil sous une magnifique hêtraie, nous suivons la piste empruntée par le GR9 jusqu’au pas de Siara, avant de redescendre par le sentier «interdit» où nous croiserons d’autres randonneurs avertis !

Il est 14h quand nous rejoignons la voiture. Nous déjeunons sur Saillans et visitons ce petit village aux ruelles étroites, lovées autour de son église.

 Poursuivant notre découverte de la région, nous remontons la Drôme jusqu’à Die. Cette sous-préfecture de 5000 âmes est une ancienne citée gallo-romaine, «Dea Augusta Vocontiorum», devenue capitale du peuple des Voconces, puis siège d’un évêché dès le IVème siècle. Foyer important du protestantisme au XVIème siècle, Die devint «place de sureté» pour les hugenots lorsque l’Edit de Nantes mit fin aux guerres de religions en 1598.

Nous profitons également d’être en ville pour faire un tour à la cave coopérative où nous achetons quelques bouteilles de ce frais et pétillant vin de muscat qu’est la Clairette.

Plus à l’Est de Die, c’est un charmant vallon aux eaux tumultueuses qui nous mène à l’ancienne abbaye de Valcroissant (reconvertie en gîte) aux pieds des falaises de la montagne vercorienne de Glandasse. C’est l’occasion d’une rafraîchissante pause  avant de poursuivre jusqu’à Luc-en-Diois, où nous nous installons pour la nuit dans un camping à la ferme, au pied du fameux Claps et du saut de la Drôme.

 
  Les Trois Becs (1589m)

Type : BS
Localisation : Drôme (carte de situation)
Point de départ : Col de la chaudière (D156 - Saillans)

Itinéraire
:
Col de la Chaudière - pas de Siara - le Veyou - le Signal - Roche Courbe - trou de la Laveuse - pas de Siara
Distance : 8 km
Dénivelé positif : 850 m
Carte : IGNT TOP25 3138OT «Dieulefit - St Nazaire-le-Désert - Forêt de Saoû»

Topo : D'après mes investigations sur le net

Sortie n°200 réalisée le 09/05/08 avec Estelle
 



Samedi 10 mai : Le Claps est un chaos rocheux issu de l’éboulement d’un des flancs du Pic de Luc en 1442. Cet amoncellement rocheux barre la rivière, formant 2 barrages emprisonnant la Drôme (et aujourd’hui asséchés). Quant au «saut», il résulte de la construction de la route sous laquelle fut aménagé un passage pour l’écoulement des eaux.

Du camping, nous allons visiter ce dédale de blocs propice à l’escalade, puis longeons la rivière et prolongeons notre balade jusqu’à Luc, quelques kilomètres plus loin. Ravitaillement et café en terrasse complètent cette matinée.

Nous reprenons ensuite la voiture et empruntons une pittoresque petite route de montagne où nous ne croiserons pas un chat. Après avoir pique-niqué au col de Miscon, face au sommet du Jocou (point culminant du Diois) nous redescendons sur les gorges de Gats, entaillées par quelques canyons comme le Rio-Sourd, si étroit qu’il est à peine visible de la route.

Nous voilà maintenant à Châtillon-en-Diois, certainement le plus beau village de notre itinéraire. Nous flânons dans le dédale médiéval de viols fleuries (petites ruelles).

Nous poussons ensuite jusqu’au cirque d’Archiane, Gavarnie local et porte d’entrée des plateaux du Vercors. Mais les bourgeonnements cumuliformes rendent le ciel menaçant et les premières gouttes nous accueillent tandis que nous franchissons le tunnel du col de Menée et accédons au Trièves, au pied du Mont Aiguille.


La route du retour nous conduit alors à Grenoble où nous passerons la journée de Dimanche en charmante compagnie, avec Stéphanie, Laurent et leur petit Eymeric autour de notre premier barbecue de l’année. Merci pour l’accueil !




Pour en savoir plus : Office du tourisme du Pays Diois


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