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Journal de Bord d'un marcheur... Compte-rendus de randonnées et informations sur la montagne, la randonnée et les Alpes

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Bivouacs autour de la Pierra Menta

Pour décompresser enfin et débuter en beauté ces 15 jours de vacances, je m’offre une virée en solo et en autonomie dans le Beaufortain. Profitant d’une fenêtre météo favorable, j’ai prévu 37km de marche et plus de 2000m de dénivelé, répartis sur au moins 2 jours, pour rentabiliser l’acquisition d’une tente légère (2kg) et les 13kg de mon sac. J’ai pourtant pris le strict minimum: nourriture déshydratée pour le soir seulement, barres de céréales pour le midi et les petits creux, popote réduite à sa plus simple expression, 2L ½ d’eau, aucun vêtement de rechange (un seul T-shirt et une seule paire de chaussettes), et, seule concession au poids, un bouquin et l’appareil photo !

Lundi 30 Juin : Départ de Mâcon à 13h30. Je quitte l’autoroute à Chambéry pour éviter les camionneurs en colère, puis remonte l’Isère jusqu’à Aime. Une route aérienne me conduit ensuite à 1250m, au village de Granier, point de départ de ma randonnée.

Je suis en Tarentaise, mais déjà sur les contreforts du massif du Beaufortain qui s’étend jusqu’au Val d’Arly et prolonge au Sud-Ouest le massif du Mont blanc.

Je m’élève de pistes en sentiers, au milieu d’un parterre d’ombellifères et d’orchidées, progressant à l’ombre de la forêt avant de déboucher dans les prairies du Vallon de Foran, où je suis accueilli au son des clarines.

Ayant rejoins le GR5, je remonte alors ce vallon dominé par le Roignais (2999m, le plus haut sommet du massif). Les ombres s’allongent tandis qu’une brise thermique bien fraîche descend des sommets maintenant cachés par de sombres cumulus. Seuls les cris perçants de quelques marmottes égayent les sonorités minérales du torrent dans une atmosphère de plus en plus austère.

Sur ma gauche se dresse le refuge communal de la Balme, surplombant une jolie cascade. Je le dépasse, non sans une réelle tentation de m’y arrêter. Mais le poids de mon sac me rappelle que c’est sous la tente que j’ai décidé de dormir !

Je grimpe donc encore vers les nuages, dans une ambiance de haute montagne, croisant mes premiers névés.  Après de vaines recherches, j’installe finalement mon campement vers 2200m, au bord du sentier, à moins d’une heure de marche du refuge de Presset que j’aperçois 300m plus haut sur sa butte. Des boules Quies me permettront de dormir à côté du torrent tonitruant.

Alors que je dîne, le ciel se dégage et j’aperçois enfin le monolithe de la Pierra Menta, fiché sur la crête par un coup de pied de Gargantua dans la chaîne des Aravis dit la légende, et gravi pour la première fois en 1922 par Loustalot et Zwingelstein.

La nuit est sans Lune, et la voie Lactée de toute beauté. Quelques satellites et étoiles filantes plus tard je m’endors.



Mardi 01 juillet : Après un réveil naturel vers 7h30, je replie la tente et monte directement au refuge de Presset. J’y trouve quelques randonneurs sur le départ et en profite pour faire le plein d’eau, me tartiner de crème, m’informer sur l’enneigement des cols, le tout autour d’un bon chocolat chaud. De la terrasse, la majestueuse Pierra Menta présente alors son plus beau profil. Quant au lac, il est toujours en partie gelé et enneigé.

Au programme de cette journée, j’ai 4 cols à franchir : le premier, le col du Bresson (2469m), me permet de basculer côté Beaufort. Le chemin serpente au milieu des rochers en vue du lac de Roselend, une des nombreuses retenues artificielles qui font du Beaufortain un véritable château d’eau.

Je rejoins alors les alpages du vallon du Coin que je remonte jusqu’au col homonyme (2398m). Si le dénivelé n’est pas énorme, le sac est pesant et je m’épuise dans le dernier et raide lacet sur névé. Enfin en haut ! Derrière moi se profile la calotte glaciaire du Mont blanc partiellement cachée par les sommets du Haut Beaufortain, alors que face à moi, j’aperçois la large échancrure du Cormet d’Arêches, et les moutonnements lointains de mes prochains cols.

Avant d’arriver au Cormet, je fais une pause au refuge de la Coire, où je m’offre un vrai déjeuner : une omelette au Beaufort accompagnée d’une Blonde bien fraîche ! Quel plaisir !


La piste que je suis maintenant devient ici pratiquement une route, et il y a quelques véhicules garés et un groupe scolaire qui explore les environs. Je m’éloigne rapidement de cet axe de circulation et me pose à l’ombre d’un rocher, attendant que passent les heures chaudes de la journée. Mais le ciel se charge et je décide finalement de poursuivre, profitant d’une ombre qui, si elle ne supprime pas les UV, contre au moins les infrarouges si calorifiques.

Une heure plus tard, à nouveau totalement seul, je franchis mes troisième et quatrième cols : La Grande Combe (2356m) et Les Génisses (2348m). Je plonge alors vers la Tarentaise et le hameau de Pesée où un troupeau de belles tarines attend l’heure de la traite, sous l’œil d’un fier taureau.

Sur la Vanoise voisine, les glaciers ont disparu sous un ciel maintenant noir et menaçant… les premiers coups de tonnerre résonnent. Je comptais bivouaquer dans le coin, mais je décide de poursuivre : plus bas, je serais toujours mieux si l’orage éclate. Je continue donc sur la piste d’alpage, dépasse Pesée et me pose finalement dans un petit éden, près d’un chalet fermé, au bord de gros rochers et à quelques mètres d’un joli torrent. Je suis fourbu et j’ai les pieds en compote : d’ailleurs une énorme ampoule s’est formée sur mon petit orteil que je soigne rapidement car j’ai encore un peu de marche demain matin.

Je suis installé depuis moins d’une heure quand la pluie me condamne à me réfugier sous la tente pour lire et dîner. Eclairs et tonnerre se déchaînent sur les sommets alentours jusque vers 22h.



Mercredi 02 juillet : Je me réveille sous un ciel magnifique, petit-déjeune au soleil, et traîne, profitant du point de vue sur les cimes de Bellecôte, la Grande Casse et la Grande Motte.

Je quitte finalement ce petit paradis vers 9h30 pour le chemin du retour qui s’avère être une route goudronnée. Je l’abandonne heureusement rapidement pour un sentier panoramique au dessus de la Tarentaise et découvre bientôt le superbe Mont Pourri et, plus loin, le Ruitor et les sommets frontaliers couverts de neiges éternelles avant de descendre sur Granier.

Pour conclure ces quelques jours, je visite Aime et les villages alentours et cherche désespéremment une fruitière ouverte pour ramener à la maison un peu de Beaufort. Malheureusement, à l’heure du déjeuner, tout est fermé et je rentrerai donc bredouille.


 
  Autour de la Pierra Menta

Type : B
Localisation : Savoie (carte de situation)
Point de départ : Granier (D218)
Itinéraire : Granier - vallon de Foran - Refuge de Presset - col de Bresson - col du Coin - Cormet d'Arêches - col de la grande Combe - col des Genisses - hameau de Pesée - Granier
Distance : 37 km
Dénivelé positif : 2152 m
Carte : IGN TOP25 3532OT «Massif du Beaufortain - Moûtiers - La Plagne»
Topo : improvisé


Sortie n°201 réalisée du 30/06/08 au 02/07/08 en solo
 





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F
Je vois que tu as encore de beaux restes malgré ton âge avancé. Bravo pour cette belle réalisation en solitaire. Pas évident n'est ce pas de se retrouver seul sous son petit bout de bâche, la nuit sous l'orage ?
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V
Comme tu as du te régaler!En revanche je n'en reviens pas du poids de ton sac! La prochaine fois que je dégusterai un morceau de beaufort, je  fermerai les yeux et je penserai à tes photos, magnifiques!Bonnes vacances
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M
<br /> Merci ! Toujours beaucoup de plaisir à crapahuter dans de si beaux coins, mais je reconnais que le sac était un peu lourd. Ca reste exceptionnel, autonomie oblige... En général, je préfère marcher<br /> léger.<br /> <br /> <br />