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Journal de Bord d'un marcheur... Compte-rendus de randonnées et informations sur la montagne, la randonnée et les Alpes

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Une approche environnementale d’un art perdu

Si l’intitulé de cet article reprend le sous-titre du livre que je vais vous présenter, c’est que je le trouve certainement plus accrocheur que le trop commercial «Comment chier dans les bois?» de la couverture.

Car ce livre est loin d’être une farce scatologique. Sur un ton léger et non sans un certain humour, il présente de façon sérieuse et pédagogique cette activité vitale propre à chaque animal, mais bien souvent «tabou».

Dans l’esprit du Wilderness et de la mouvance outdoor américaine, l’auteur, Kathleen Meyer, aborde le sujet sous plusieurs angles :

Il est indiscutable que le manque d’attention porté à nos déchets est une véritable agression du point de vue esthétique, voire une menace pour notre santé. D’autre part, laisser derrière soi un dépôt, même le mieux enterré du monde, peut causer des dommages écologiques irréparables.»

Côté esthétique, vous voyez de quoi on parle. Côté santé publique et environnement, l’auteur se limite à l’exemple de la Giardia et je généraliserai donc un peu la problématique :

En effet, il faut savoir que nos selles sont porteuses de nombreux micro-organismes (virus, parasites ou bactéries) qui peuvent être pathogènes. C’est ce qu’on appelle le «péril fécal». Malade ou porteur sain, tout le monde est potentiellement concerné par la transmission oro-fécale de ces agents infectieux, qui sont responsables de la simple gastro-entérite mais aussi de l’hépatite A, de la typhoïde, ou encore du choléra.

Dans nos sociétés modernes, nous utilisons l’eau pour évacuer nos excréments et pour l’hygiène corporelle qui y est liée (en se lavant les mains), réduisant ainsi le risque de contamination. Les eaux usées sont, quant à elles, généralement assainies avant leur retour dans le milieu naturel. Or, en pleine nature, il n’en est rien ! D’où les solutions préconisées par Kathleen Meyer :

Le «enterrer tout» : Cette méthode se pratique bien évidemment hors d’eau, car ici cette dernière n’est pas «traitée» et reste donc l’un des principaux vecteurs des maladies citées plus haut. Je rapprocherai cette solution du principe des toilettes à compost ou toilettes sèches.

Les enzymes les plus efficaces pour résorber les excréments vivent dans les vingt-cinq premiers centimètres de profondeur. Il est généralement conseillé de creuser votre trou sur 15 à 20 centimètres. Cette couche de terre suffit à interdire tout contact avec les animaux et empêche la transmission pathogène vers d’autres sources.
Mélangez-tout (stirring) est une nouvelle et brillante technique que nous devons apprendre et utiliser. Il s’agit de mixer les matières que nous avons déposées dans notre trou avec un peu de la terre extraite, avant de tout recouvrir. Le but de la manœuvre étant d’améliorer la vitesse de décomposition en donnant aux bactéries du sol le meilleur contact possibles avec les matières fécales. Utilisez un petit bâton pour l’opération, un truc que vous pouvez laisser dans le trou plutôt qu’un outil à remettre à la ceinture ! Anticipez. Ramassez ce fameux bâton lorsque vous allez sur le site de votre mission, et quand vous commencez à creuser, laisser un peu de terre de côté. […]
Soyez conscient que «pas de bâton à l’horizon» peut signifier que vous êtes sur un terrain épuisé, un terrain sans bactéries dans son sol, voire un lieu où il n’y a même pas de terre. Dans ce cadre, encore une fois, il est préférable, plutôt que de tout enterrer, de tout ramener. »


C’est la deuxième solution proposée :

Le «remportez-tout» (packing-it-out) est recommandé aux grimpeurs […], aux campeurs fonctionnant dans des conditions météo sévères ([…] lorsqu’il vaut mieux rester sous la tente), mais encore, plus massivement, aux visiteurs de zones très fréquentées qui sont prêts à faire l’effort nécessaire pour les conserver intactes […]. Sans oublier les kayakistes de mer, les spéléos, ou qui que ce soit parcourant des écosystèmes fragiles.»

 L’auteur poursuit alors en décrivant dans le détail les modèles existants (ou à concevoir) de «boîtes à caca», précisant références, prix, avantages et inconvénients.

A ces réflexions poussées s’ajoutent de nombreux conseils pratiques pour faire ses besoins sans s’en mettre plein les chaussures, à l’attention des garçons aussi bien que des filles, ou pour improviser du papier toilette et même s’en passer. Bref, vous l'aurez compris, cet ouvrage est une véritable encyclopédie de cet «art perdu» qu’est la défécation en milieu naturel.

Reste à voir maintenant dans la pratique : Enterrer oui, se passer de papier toilette, déjà plus dur, et remporter… je ne suis pas encore prêt ! Encore qu’il y ait quelques années de cela, bivouaquant sous un rocher dans le Mercantour avec Fred, limité dans mes mouvements par cet espace réduit et pour ne pas sortir sous l’orage, j’ai bien uriné dans une bouteille… comme quoi c’était déjà un bon début !



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G
Je suis ravi de constater que je ne suis pas le seul a avoir lu ce bouquin. Quant a mettre en application tout ca, il reste du chemin a faire, par chez nous... Deja si tout le monde qui se balade en montagne (et dans la nature en general) enterrait ses crottes et brulait son papier ! M'enfin...
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V
et j'allais oublier l'essentiel : ne pas oublier de brûler son papier toilette, très long à se dégrader (conseil d'un guide marocain que j'ai depuis suivi scrupuleusement).
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P
C'est du propre tout ça !!Je te savais écolo mais là, tu m'inquiètes.....
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V
Et ben merde alors!Je sais c'était facile...ça me surprend pour les kayakistes de mer, compte tenu de l'immensité des océans. Je comprends l'idée pour les déchets d'emballage par exemple, mais pour le "popo", on frise le radicalisme!
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M
<br /> Le "remportez-tout", c'est surtout pour les secteurs sur-fréquentés ou les régions où la biodégradation est rendue difficile (sommet du Mont Blanc par exemple).<br /> Effectivement, en pleine mer, l'intérêt est réduit. Mais les kayakistes de mer font surtout du cabotage, et s'ils sont nombreux, je n'aimerais pas me baigner dans cette charmante petite crique<br /> abritée où ils sont tous passés !<br /> En randonnée "classique", le mieux (pour la nature et pour les autres) reste effectivement de tout enterrer.<br /> <br /> <br />