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Journal de Bord d'un marcheur... Compte-rendus de randonnées et informations sur la montagne, la randonnée et les Alpes

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Le 'roman paysan' entre montagnes et collines

Voilà un livre qui m'a donné envie d'en lire un autre. Deux histoires dans la plus pure tradition du «roman paysan», qui rendent admirablement bien l'atmosphère, les moeurs et superstitions de villages aux confins des «régions civilisées».



En flânant à la bibliothèque municipale, je suis tombé un peu par hasard sur «La
Grande Peur dans la Montagne», livre dont l'auteur m'était encore inconnu il y a quelques semaines.

Ecrivain vaudois, Charles-Ferdinand Ramuz (1878-1947) nous conte, avec
«une prose volontairement frustre mais riche de notations colorées», l'épopée tragique d'un petit village de montagne et de son alpage maudit.

Le pâturage abandonné de Sasseneire est-il vraiment damné ? Malgré l'opposition des anciens, la nouvelle génération n'y croit
pas et décide d'y conduire le troupeau...



Extrait (montée à l'Alpage)...

Ils ont fait tout ce long chemin, ce long chemin de la montagne ; d'abord, dans l'herbe pleine de fleurs de tout côté par grosses taches, puis entre les sapins, sur le tapis d'aiguilles tout taché lui aussi de taches rondes et brodées d'or ; - les prés, la forêt, le soleil, le soleil et l'ombre ; puis la grande gorge et puis plus rien que l'ombre ; puis la rocaille qui commence, les éboulis, alors le soleil de nouveau ; - et là-haut on a vu leur longue file, qui était devenue toute petite, aller en travers de l'immense pente grise, semblant à peine bouger ; qu'on quitte de l'oeil pour la retrouver, un grand moment plus tard, on dirait à la même place, mais continue à avancer quand même : alors quand on prêtait l'oreille, on entendait aussi un tout petit bruit comme celui d'un ruisseau dans sa rigole, ou bien comme quand un léger coup de vent rebrousse les feuilles de la haie, puis les laisse retomber...Ce fut une jolie journée. Tout ceux qui étaient venus parmi les hommes furent d'accord pour trouver l'herbe de belle qualité. On a trouvé que le pâturage avait une riche apparence, ayant été d'ailleurs favorisé, cette année-là, par une force exceptionnelle de soleil qui lui convenait, vu que l'eau descendait partout des hautes parois dont il est entouré.»





Cette lecture m'a rappelé par certains aspects, l'univers de Jean Giono (1895-1970) : Une nature belle mais puissante et parfois cruelle, décidant du destin des Hommes. Et me voilà plongé dans une autre histoire, toute aussi mystérieuse.



«Colline»
nous emmène dans le petit hameau des Bastides, au pied de la montagne de Lure. Le vieux Janet, qui connaît si bien les secrets des collines, se meurt... et sur le hameau s'abat le malheur : simples coïncidences ? La peur et la suspicion s'installent...






Extrait...
C'est le silence qui les réveille. Un silence étrange. Plus profond que d'habitude ; plus silencieux que les silences auxquels ils sont habitués. Quelque chose s'en est allé ; il y a une place vide dans l'air. - Eh, fait Gondran inquiet. Aussitôt ils sont debout. Il manque quelque chose à la façon de bruire des Bastides. Quoi ?
C'est venu sur eux tout d'un coup, comme ça. Ils regardent autour d'eux en tournant le cou par petites saccades ; ils examinent longuement les objets familiers : le rouleau, la herse, la charrue, le tarare ; puis ils reviennent : la charrue, la herse, le rouleau...
Rien, c'est comme d'habitude.
Pourtant il manque quelque chose.
D'un bloc ils se tournent vers la fontaine.
Elle ne coule plus.»
 

Deux livres et deux auteurs à découvrir ou redécouvrir...

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